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Droits des locataires au Canada : ce que chaque nouveau arrivant doit savoir

Comprenez vos droits en tant que locataire au Canada, notamment les limites d'augmentation du loyer, les protections contre l'expulsion, les dépôts de garantie, les responsabilités d'entretien et comment résoudre des différends par province.

12 min de lectureMis à jour 2026-04-01

Pourquoi connaître vos droits est important

En tant que nouveau arrivant au Canada, la location est probablement votre premier arrangement de logement. Le marché locatif peut être intimidant, surtout lorsque vous n'êtes pas familier avec les lois locales. La bonne nouvelle est que le Canada dispose de solides lois de protection des locataires dans chaque province et territoire. Les propriétaires ne peuvent pas simplement augmenter votre loyer quand ils le souhaitent, entrer dans votre logement sans préavis, ou vous expulser sans suivre un processus légal.

Cependant, les lois sur les locataires varient considérablement selon la province. Ce qui est vrai en Ontario peut être différent en Alberta ou en Colombie-Britannique. Ce guide couvre les protections clés dont vous bénéficiez en tant que locataire au Canada et met en évidence les différences provinciales importantes.

Votre contrat de bail

Un bail est un contrat légal entre vous (le locataire) et le propriétaire. Il établit les règles de votre location, notamment le montant du loyer, l'échéancier de paiement, la durée de la location et les responsabilités de chaque partie.

Types de baux

Bail à durée déterminée : Un bail avec une date de début et de fin fixée, généralement 12 mois. Pendant cette période, les conditions (y compris le loyer) ne peuvent généralement pas être modifiées. Dans la plupart des provinces, lorsqu'un bail à durée déterminée expire, il se convertit automatiquement en location de mois en mois, à moins que le locataire ne signe un nouveau bail.

Location de mois en mois : Une location sans date de fin fixée qui se poursuit sur une base mensuelle. L'une ou l'autre partie peut y mettre fin avec un préavis approprié (généralement 60 jours pour les locataires, bien que les exigences varient).

Ce qu'un bail devrait inclure

Un bail standard devrait inclure les noms légaux du propriétaire et du locataire, l'adresse du logement locatif, le montant du loyer et la date d'échéance, ce qui est inclus dans le loyer (services publics, stationnement, rangement), les dates de début et de fin du bail, les règles concernant les invités, les animaux, le tabagisme et toute autre condition convenue.

Plusieurs provinces exigent que les propriétaires utilisent un formulaire de bail standard. L'Ontario, par exemple, dispose d'un bail standard obligatoire que les propriétaires doivent utiliser. Si votre propriétaire ne vous fournit pas de bail, vous bénéficiez quand même des mêmes protections légales en vertu de la loi provinciale sur les locations résidentielles.

Pour les informations sur le bail standard de l'Ontario, visitez https://www.ontario.ca/fr/page/guide-sur-le-bail-standard-de-lontario.

Dépôts de garantie et dernier mois de loyer

Les règles concernant les dépôts varient considérablement selon la province.

Ontario : Les propriétaires peuvent percevoir un dépôt de loyer équivalent à un mois de loyer, mais celui-ci ne peut être appliqué qu'au dernier mois de votre location. Les propriétaires ne peuvent pas facturer de dépôt de garantie ou de dépôt pour dommages. Ils ne peuvent pas non plus exiger des chèques postdatés.

Colombie-Britannique : Les propriétaires peuvent percevoir un dépôt de garantie d'un maximum d'un demi-mois de loyer et un dépôt pour dommages causés par un animal d'un maximum d'un demi-mois de loyer (en plus du dépôt de garantie). Ceux-ci doivent être retournés dans les 15 jours suivant la fin de la location, moins les déductions légitimes pour les dommages au-delà de l'usure normale.

Alberta : Il n'y a pas de limite sur ce que les propriétaires peuvent appeler un dépôt, mais le dépôt de garantie total ne peut pas dépasser un mois de loyer. Il doit être retourné dans les 10 jours suivant la fin de la location.

Québec : Les propriétaires ne peuvent pas facturer de dépôt de garantie ni de dernier mois de loyer à l'avance. Ils ne peuvent percevoir que le premier mois de loyer.

Manitoba : Les propriétaires peuvent facturer un dépôt de garantie équivalent à un demi-mois de loyer pour une unité non meublée ou un mois de loyer complet pour une unité meublée.

Saskatchewan : Les dépôts de garantie peuvent aller jusqu'à un mois de loyer et doivent être détenus par le Bureau des locations résidentielles, et non par le propriétaire.

Augmentations de loyer

Chaque province a des règles sur quand et de combien un propriétaire peut augmenter le loyer.

Provinces avec contrôle des loyers (augmentations plafonnées)

Ontario : Les augmentations de loyer sont limitées à un taux directeur fixé annuellement par la province, basé sur l'Indice des prix à la consommation. Le propriétaire doit fournir un préavis écrit de 90 jours. Cependant, les unités occupées pour la première fois après le 15 novembre 2018 sont exemptées du contrôle des loyers.

Colombie-Britannique : Les augmentations annuelles de loyer sont limitées au taux d'inflation fixé par la Direction des locations résidentielles. Le propriétaire doit fournir un préavis complet de trois mois. Détails à https://www2.gov.bc.ca/gov/content/housing-tenancy/residential-tenancies/during-a-tenancy/rent-increases.

Manitoba : La province fixe un taux directeur annuel pour les augmentations de loyer. Les propriétaires ont besoin de l'approbation de la Direction des locations résidentielles pour les augmentations supérieures au taux directeur.

Île-du-Prince-Édouard : Les augmentations de loyer sont plafonnées à un taux annuel fixé par la Commission de réglementation et d'appels de l'Île.

Provinces sans contrôle des loyers

Alberta : Il n'y a pas de limite sur le montant d'une augmentation de loyer, mais le propriétaire doit fournir un préavis écrit (trois mois pour les locations périodiques) et ne peut augmenter le loyer qu'une fois par année.

Saskatchewan : Pas de limite sur les montants d'augmentation, mais un préavis écrit approprié est requis et les augmentations sont limitées à une fois par année.

Nouveau-Brunswick : Il n'y a pas de plafond sur les augmentations de loyer, mais les propriétaires doivent donner un préavis.

Terre-Neuve-et-Labrador : Pas de contrôle des loyers, mais les exigences de préavis s'appliquent.

Dans toutes les provinces, le loyer ne peut pas être augmenté pendant un bail à durée déterminée à moins que le bail ne le prévoie spécifiquement. Les augmentations de loyer nécessitent un préavis écrit, et la période de préavis varie selon la province.

Protections contre l'expulsion

La loi canadienne offre de solides protections contre l'expulsion. Un propriétaire ne peut pas simplement vous demander de partir. Il doit suivre un processus légal qui varie selon la province.

Motifs légaux courants d'expulsion

Non-paiement du loyer : Si vous ne payez pas le loyer, le propriétaire doit d'abord vous fournir un avis écrit vous donnant la possibilité de payer. Si vous payez dans le délai de préavis, le processus d'expulsion s'arrête. La période de préavis varie selon la province (généralement 14 jours).

Violation des conditions du bail : Si vous violez une condition importante du bail (bruit excessif, occupants non autorisés, activité illégale), le propriétaire doit vous fournir un avis écrit décrivant la violation et vous donnant la possibilité de corriger la situation.

Usage personnel du propriétaire : Dans la plupart des provinces, un propriétaire peut expulser un locataire si lui-même ou un membre de sa famille immédiate a genuinement l'intention d'emménager dans le logement. Cela nécessite un préavis approprié (généralement 60 à 120 jours) et dans certaines provinces, le propriétaire doit indemniser le locataire.

Rénovations majeures : Un propriétaire peut expulser si des rénovations majeures nécessitant que le logement soit vacant doivent être effectuées. De nombreuses provinces exigent que le propriétaire offre au locataire le droit de revenir après les rénovations au même loyer ou à un loyer comparable.

Démolition ou conversion : Si le bâtiment est démoli ou converti à un usage non résidentiel, le propriétaire peut expulser avec un préavis approprié et, dans certaines provinces, une indemnisation.

Le processus d'expulsion

Dans chaque province, le propriétaire ne peut pas vous expulser physiquement, changer les serrures, couper les services publics ou prendre vos affaires. Ces actions sont illégales et constituent une « expulsion illégale » ou une « expulsion forcée ».

Le processus légal d'expulsion suit généralement ces étapes :

  1. Le propriétaire fournit un avis écrit avec la raison légale de l'expulsion
  2. Si vous n'êtes pas d'accord ou ne partez pas, le propriétaire doit s'adresser au tribunal ou à la commission provinciale des locataires
  3. Une audience est tenue où les deux parties présentent leur cause
  4. Le tribunal rend une décision (ordonnance d'expulsion ou rejet de la demande)
  5. Si le locataire ne part toujours pas après une ordonnance du tribunal, le propriétaire peut demander l'exécution par le bureau du shérif ou le tribunal

Vous avez toujours le droit d'assister à l'audience et de présenter votre version. Vous pouvez également avoir une représentation légale ou l'aide d'un organisme de défense des locataires.

Entretien et réparations

Les propriétaires sont légalement tenus de maintenir le bien locatif en bon état de réparation, propice à l'habitation et conforme aux normes de santé, de sécurité et d'habitation. Cela comprend le maintien de la structure, de la plomberie, du chauffage, des systèmes électriques et des espaces communs.

Les responsabilités du propriétaire comprennent généralement : Les réparations structurales, la plomberie et les systèmes électriques, le chauffage et l'eau chaude, le contrôle des parasites (sauf causé par le locataire), les appareils électroménagers fournis avec l'unité, les espaces communs (couloirs, buanderies, stationnements) et la conformité aux normes de propriété municipales.

Les responsabilités du locataire comprennent généralement : Maintenir l'unité raisonnablement propre, signaler rapidement les problèmes d'entretien, ne pas causer de dommages au-delà de l'usure normale et permettre au propriétaire l'accès pour les réparations avec un préavis approprié.

Si votre propriétaire ne fait pas les réparations nécessaires, vous devriez documenter le problème par écrit (le courriel est préférable) et donner au propriétaire un délai raisonnable pour répondre. Si le propriétaire ne résout pas le problème, vous pouvez déposer une plainte auprès du tribunal ou de la commission provinciale des locataires.

Vous ne devriez jamais retenir votre loyer comme stratégie pour forcer des réparations, à moins d'être expressément conseillé de le faire par un service d'aide juridique ou une commission des locataires. Dans la plupart des provinces, la retenue du loyer n'est pas un recours légal et peut entraîner des procédures d'expulsion contre vous.

Droit d'entrée du propriétaire

Votre propriétaire ne peut pas entrer dans votre logement locatif quand il le souhaite. Dans chaque province, le propriétaire doit fournir un préavis avant d'entrer dans votre logement, sauf en cas de véritable urgence (comme un incendie, une inondation ou une fuite de gaz).

La période de préavis varie selon la province, mais est généralement de 24 heures. L'entrée doit se faire à une heure raisonnable (généralement entre 8 h et 20 h) et pour une raison légitime (réparations, inspections, présentation du logement à des locataires ou acheteurs potentiels).

Résolution des différends par province

Chaque province dispose d'un tribunal ou d'une commission qui traite les différends entre propriétaires et locataires. Ceux-ci sont généralement plus rapides et moins formels que les tribunaux.

Ontario : Commission de location immobilière (CLI). Informations à https://tribunalsontario.ca/ltb/.

Colombie-Britannique : Direction des locations résidentielles (RTB). Informations à https://www2.gov.bc.ca/gov/content/housing-tenancy/residential-tenancies.

Alberta : Service de règlement des différends en matière de location résidentielle (RTDRS). Informations à https://www.alberta.ca/residential-tenancy-dispute-resolution-service.

Québec : Tribunal administratif du logement (TAL, anciennement Régie du logement). Informations à https://www.tal.gouv.qc.ca/fr.

Manitoba : Direction des locations résidentielles. Informations à https://www.gov.mb.ca/cca/rtb/.

Saskatchewan : Bureau des locations résidentielles. Informations à https://www.saskatchewan.ca/government/government-structure/boards-commissions-and-agencies/office-of-residential-tenancies.

Nouvelle-Écosse : Programme de locations résidentielles. Informations à https://beta.novascotia.ca/programs-and-services/residential-tenancies.

Nouveau-Brunswick : Tribunal des locations résidentielles. Informations à https://www2.gnb.ca/content/gnb/fr/ministeres/service-nouveau-brunswick/services/services_renderer.10250.Locations_residentielles.html.

Protections contre la discrimination

En vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne et des codes des droits de la personne provinciaux, les propriétaires ne peuvent pas refuser de vous louer ou vous traiter différemment en raison de votre race, origine nationale ou ethnique, couleur, religion, sexe, âge, orientation sexuelle, identité de genre, état matrimonial, situation familiale (avoir des enfants), handicap ou source de revenus (dans la plupart des provinces).

Si vous croyez avoir fait l'objet de discrimination en matière de logement, vous pouvez déposer une plainte auprès de votre commission provinciale ou territoriale des droits de la personne. La Commission canadienne des droits de la personne traite les plaintes liées au logement réglementé par le gouvernement fédéral. Visitez https://www.chrc-ccdp.gc.ca/fr pour plus d'informations.

Conseils pour les locataires nouveaux arrivants

Mettez tout par écrit. Les accords verbaux sont difficiles à prouver. Insistez pour avoir un bail écrit et communiquez avec votre propriétaire par courriel ou texto afin d'avoir une trace.

Documentez l'état du logement. Prenez des photos et des vidéos du logement à votre emménagement et à votre déménagement. Cela vous protège contre des réclamations injustes de dommages sur votre dépôt.

Connaissez les lois locales. Visitez le site Web de la commission des locataires de votre province et lisez les guides en langage simple disponibles pour les locataires. Les lois qui vous protègent sont spécifiques à votre province.

Cherchez de l'aide si nécessaire. Les organismes d'établissement, les cliniques d'aide juridique et les organismes de défense des locataires peuvent fournir des conseils et une assistance gratuits. Beaucoup offrent des services dans plusieurs langues.

Ne signez rien que vous ne comprenez pas. Si votre propriétaire vous demande de signer des documents en anglais et que vous n'êtes pas sûr de votre compréhension, demandez à un travailleur d'établissement ou à un traducteur de revoir les documents avant de signer.

Pour un aperçu national des droits au logement et des ressources pour les nouveaux arrivants, visitez la page logement du gouvernement du Canada à https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/services/nouveaux-immigrants/nouvelle-vie-canada/logement.html.

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